J'ai toujours aimé la St-Jean. Cette petite fébrilité qui monte en nous juste à penser fêter cette belle journée avec des milliers d'autres Québécois, je trouve ça agréable. Tout le monde se rassemble, que ce soit sur les Plaines, au parc Maisonneuve ou encore dans une cour avec une gang de chums, fièrement drapé de bleu et blanc, brandissant à bout de bras une multitude de fleurs de lysées, pour scander à s'en défoncer la gorge à quel point on est fiers d'être Québécois.
Sincèrement, je trouve ça beau. Je trouve ça beau de voir des inconnus se parler comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Je trouve ça beau de voir la marée de gens qui déambule dans les rues de Montréal après le show, cette foule qui demeure enthousiaste même si elle sait très bien qu'elle aura le nez écrasé dans la porte de métro pour revenir à la maison. Je trouve ça beau de voir que les autres sont aussi fiers que moi de parler français. Mais je trouve ça moins beau entendre Zachary Richard scrapper une toune de Paul Piché...
Enfin. Je dois tout de même avouer que je n'ai pas vécu ma meilleure St-Jean à vie. Ceux qui m'accompagnaient doivent penser la même chose.
Mais, parce qu'il y a bien sûr un mais, cette journée m'a tout de même fait prendre conscience à quel point je suis attachée au Québec, mon poignet gauche peut fièrement vous en témoigner. L'approche de notre départ (69 dodos!!!) me fait réaliser que, même si mon besoin de voir le monde est de plus en plus pressant, quand on sera à l'autre bout de la planète, je vais m'ennuyer atrocement de toute ma petite vie de «bourgeoise», comme certains se plaisent gentiment à me surnommer. Notre voyage sera exceptionnel, ça, je le sais déjà. Beaucoup de personnes nous l'ont dit, et je ne peux que les croire: c'est le moment idéal de partir. On est jeunes, on n'a pas encore de véritables attachements, on termine l'université... Alors oui, il faut en profiter. Ce qu'on fera, je n'en doute pas une seconde!
Mais ce serait mentir de dire que je ne m'ennuierai pas, que je n'aurai pas le mal du pays, que je ne penserai jamais à mon petit Québec (pas le fromage, là), à ma famille, à mes amis...
Oui, tout va me manquer horriblement. Mais en même temps, je dois penser à la raison pour laquelle j'ai décidé de partir.
Prendre un break. Prendre des vacances. Commencer à penser plus sérieusement à l'avenir (ceux qui me connaissent le plus auront pu m'imaginer réprimer un frisson d'horreur à l'écriture de ce mot). Laisser de coté mes problèmes personnels, reprendre des forces et ensuite les affronter.
Je pourrais continuer longtemps comme ça. Mais ça ne servirait à rien. Parce que la seule chose à laquelle il faut penser, c'est que je pars, oui, mais je pars pour mieux revenir.
Laura
2 commentaires:
Peu importe comment on vit sa St-Jean, du moment que ça se résume à "du bon temps" :)
Je crois que vous devriez signer vos articles, histoire de savoir qui écrit quoi!
Merci pour la suggestion, je prends note ;)
Laura
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