samedi 28 juin 2008

Je pars, tu pars, nous partons

Dans très exactement 66 dodos, Marilyn et moi nous envolerons pour le Vietnam. Je pense que je ne le réalise pas encore.
Et pourtant, j'ai déjà l'impression d'avoir quitté le Québec, malgré toute l'affection que je porte à ce «petit» bout de terre. Depuis deux mois, j'ai de l'Asie qui me sort par les pores de la peau. L'organisation du voyage, les problèmes de visas avec l'ambassade chinoise, mon cours de mandarin un peu trop intensif pour une personne saine d'esprit (ce qui veut probablement dire que je ne le suis pas), les vaccins qui nous ont été administrés (et auxquels je préfère ne plus penser... Oui Marie, tu peux rire tant que tu voudras, mais rappelle-toi que je ne me suis pas évanouie dans un certain contexte, MOI :P), le nombre impressionnant d'Asiatiques que je croise partout... tout me fait penser à notre départ pas si lointain.
Je l'avoue, j'ai la chienne.
Moi, petite fille de banlieu que je suis, je m'en vais me perdre à l'autre bout du monde, dans des pays de plus d'un milliard d'habitants (pour une fois que je n'exagère pas) qui ne parlent pas un mot d'anglais... et encore moins de français.
Non mais quelle idée, quand même. Gracieuseté de Marilyn.
Une chance qu'on est aussi folles l'une que l'autre. Parce que sans ça, tout le monde sait que ça ne fonctionnerait jamais.
Il y a environ six mois, avant qu'on décide de faire ce voyage ensemble, j'avais en tête depuis longtemps de partir. Une espèce de récompense post-baccalauréat que je me réservais, que je voulais tant m'offrir. J'avais d'abord pensé aller en Europe. Mais j'ai vite abandonné cette idée folle de partir en solo quelques mois (ce qui m'aurait coûté, vous en conviendrez, le triple du voyage qu'on s'apprête à faire) par crainte, justement, d'être seule. Ensuite, j'avais commencé à faire les démarches pour éventuellement partir en Afrique et faire de l'aide humanitaire. J'en avais parlé longuement avec Charline, qui m'a raconté des trucs vraiment incroyables sur ses propres expériences, et elle m'avait vraiment donné le goût de concrétiser mes rêves de grande aventurière.
...puis, j'ai vu le nick de Marie sur Facebook (qui s'avère étrangement utile, parfois) disant quelque chose dans le genre: Marilyn veut aller Asie, des intéressés? Et moi, mi-sérieuse, mi-blagueuse, je lui ai écrit sur son mur que j'étais partante. Je croyais, dans ma naiveté habituelle, que ça allait en rester là.
Erreur. Quelque chose comme une heure plus tard, elle m'envoie un message texte: Tu veux aller en Asie, Laurie?!?
Si je me rappelle bien, le lendemain, on s'appelait pour se confirmer qu'on allait définitivement faire ce trip de fou ensemble. C'était, je m'en souviens encore, le 2 février 2008. De là, à partir de ce moment précis, je suis tombée en amour avec l'Asie. Un vrai coup de foudre. Une illumination. J'ai encore de la difficulté à comprendre pourquoi je n'y avais pas pensé plus tôt. Avant d'avoir parlé avec Marie, l'idée d'aller en Asie ne m'avait même pas effleuré l'esprit. Sans doute parce qu'au départ, je pensais avoir le courage de partir seule. Je me trompais. Avec un peu de recul, je me rends compte aujourd'hui que je n'aurais jamais eu le guts de voyager avec pour seule compagne ma crainte, ma solitude. Le nick de Marilyn et son goût de voyager arrivaient à point. Faut croire qu'on était vraiment dues pour partir ensemble. Si on n'est pas sur la même longueur d'ondes, elle et moi... En tout cas. On dira ce qu'on voudra de Facebook, moi je pense qu'il m'a apporté beaucoup ces derniers mois. Qui l'eût cru? Grâce à Facebook, je pourrai enfin partir.
Et voilà où on en est rendues, maintenant. On est le 28 juin 2008, on a nos billets d'avion, nos vaccins, notre détermination et probablement pas toute notre tête... et on part.
Dans très exactement 66 dodos, Marilyn et moi nous envolerons pour le Vietnam. Je pense que je commence à le réaliser.
Laura

mercredi 25 juin 2008

L'amour du Québec et tout le reste

J'ai toujours aimé la St-Jean. Cette petite fébrilité qui monte en nous juste à penser fêter cette belle journée avec des milliers d'autres Québécois, je trouve ça agréable. Tout le monde se rassemble, que ce soit sur les Plaines, au parc Maisonneuve ou encore dans une cour avec une gang de chums, fièrement drapé de bleu et blanc, brandissant à bout de bras une multitude de fleurs de lysées, pour scander à s'en défoncer la gorge à quel point on est fiers d'être Québécois.

Sincèrement, je trouve ça beau. Je trouve ça beau de voir des inconnus se parler comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Je trouve ça beau de voir la marée de gens qui déambule dans les rues de Montréal après le show, cette foule qui demeure enthousiaste même si elle sait très bien qu'elle aura le nez écrasé dans la porte de métro pour revenir à la maison. Je trouve ça beau de voir que les autres sont aussi fiers que moi de parler français. Mais je trouve ça moins beau entendre Zachary Richard scrapper une toune de Paul Piché...

Enfin. Je dois tout de même avouer que je n'ai pas vécu ma meilleure St-Jean à vie. Ceux qui m'accompagnaient doivent penser la même chose.
Mais, parce qu'il y a bien sûr un mais, cette journée m'a tout de même fait prendre conscience à quel point je suis attachée au Québec, mon poignet gauche peut fièrement vous en témoigner. L'approche de notre départ (69 dodos!!!) me fait réaliser que, même si mon besoin de voir le monde est de plus en plus pressant, quand on sera à l'autre bout de la planète, je vais m'ennuyer atrocement de toute ma petite vie de «bourgeoise», comme certains se plaisent gentiment à me surnommer. Notre voyage sera exceptionnel, ça, je le sais déjà. Beaucoup de personnes nous l'ont dit, et je ne peux que les croire: c'est le moment idéal de partir. On est jeunes, on n'a pas encore de véritables attachements, on termine l'université... Alors oui, il faut en profiter. Ce qu'on fera, je n'en doute pas une seconde!
Mais ce serait mentir de dire que je ne m'ennuierai pas, que je n'aurai pas le mal du pays, que je ne penserai jamais à mon petit Québec (pas le fromage, là), à ma famille, à mes amis...
Oui, tout va me manquer horriblement. Mais en même temps, je dois penser à la raison pour laquelle j'ai décidé de partir.
Prendre un break. Prendre des vacances. Commencer à penser plus sérieusement à l'avenir (ceux qui me connaissent le plus auront pu m'imaginer réprimer un frisson d'horreur à l'écriture de ce mot). Laisser de coté mes problèmes personnels, reprendre des forces et ensuite les affronter.
Je pourrais continuer longtemps comme ça. Mais ça ne servirait à rien. Parce que la seule chose à laquelle il faut penser, c'est que je pars, oui, mais je pars pour mieux revenir.
Laura

lundi 23 juin 2008

Légère modification

Lau t'es dans les patates!!!

On revient le 18 décembre à 14 h 57 exactement.... en espérant qu'il n'y aurau pas une seule minute de retard.... parce que rendu à cette date on va être écoeurées!!!

Le début d'un périple

Je sais, je sais, on n'est pas encore parties. Mais j'avais tout de même envie de commencer ce blogue avant notre grand départ, question que vous puissiez suivre notre préparation mentale et physique jusqu'à ce qu'on «sacre notre camp», en bon québécois (c'est la St-Jean après tout!).

C'est maintenant officiel: nous avons nos billets d'avion! Nous partirons donc le 2 septembre le matin, nous ferons une escale à Séoul, en Corée du Sud, et nous atterirons fianlement à Hanoi au Vietnam le 3 septembre vers 23 heures. (Maudit décalage horaire, ça nous fait perdre une journée!) Nous reviendrons le 17 décembre, si je me souviens bien. Nous serons donc là juste à temps pour le temps des Fêtes! On a vraiment pensé à tout ;)

Si certains se demandent pourquoi on atterit pas à Beijing comme il était convenu depuis longtemps, voilà ce que je vous réponds: parce que le gouvernement chinois est paranoiaque, point.

Ben non. Faut pas charrier!
En fait, je crois que c'est normal que les dirigeants d'un pays veuillent contrôler le tourisme de manière plus sévère. Rappelons que la Chine doit gérer plusieurs choses en même temps: les Jeux Olympiques, les problèmes concernant le Tibet, les tremblements de terre et les innondations qui ont frappés le pays récemment, etc. Tous ces événements combinés font en sorte qu'obtenir un visa pour entrer en territoire chinois est très difficile. Pas impossible, par contre.
Marie et moi avons décidé d'atterir au Vietnam simplement pour nous assurer d'avoir un voyage. La demande de visa pour aller en Chine doit se faire un mois avant la date officielle du départ. Mais on ne pouvait pas attendre jusqu'en août pour acheter nos billets, tout simplement parce qu'il n'y aurait plus eu de places sur les vols. En plus, pour une demande de visa, il faut avoir son billet d'avion. En tout cas... on avait un gros problème de ce côté-là. Vous imaginez? On achète deux billets (non remboursables) pour atterir à Beijing, et on n'obtient pas de visas... On vient de perdre 1600$ chacune et on n'a même plus de voyage.
C'était pas trop trop logique tout ça.
Mais bon, Marilyn a trouvé une solution géniale: arriver à Hanoi au lieu de Beijing. Voir qu'on y avait pas pensé plus tôt! Donc, comme on va atterir au Vietnam, si on obtient pas l'autorisation d'entrer en Chine, on aura juste à barrer la Chine de notre itinérire et descendre le Vietnam, traverser le Cambodge, continuer en Thailande et finir en Malaisie. On n'est pas à plaindre quand même!!! Mais si on les obtient, ces foutus visas chinois, ben tant mieux!
Ça fera encore plus de péripéties à vous raconter :)