dimanche 6 juillet 2008

Rage, angoisse et autres ratés

Quand on est allées à la clinique de voyage, il y a un peu moins d'un mois (on avait même pas nos billets d'avion encore... me semble que ça fait une éternité!), l'infirmière qui nous a reçues nous a donné deux vaccins pour trois maladies, soit la poliomyélite, l'hépatite A et une autre dont le nom m'échappe. Ma phobie des piqûres ne m'a pas fait défaut: j'ai un peu badtrippé. Ces vaccins étaient indispensables pour notre voyage, j'ai donc relativement (ahah) bien passé au travers. L'infimière nous avait aussi parlé de deux autres maladies dont il faudrait s'immuniser par simple prévention, soit la rage et l'encéphalite japonaise. Ces vaccins ne sont pas obligatoires, certes, mais tout de même fortement recommandés.
... Deux vaccins multidoses coûtant chacun autant que ceux qu'on venaient tout juste de recevoir (soit plus de 150$ chacun): deux maudites bonnes raisons pour que je ne veuille pas remettre les pieds dans cette clinique. J'ai tout de même, plus par convenance qu'autre chose, demandé à la gentille dame lequel d'entre les deux serait le plus nécessaire de recevoir, si on devait n'en choisir qu'un. Elle a répondu sans hésiter: la rage. MAIS (évidemment), ce vaccin n'était pas disponible à ce moment-là, la demande étant beaucoup trop forte pour la quantité qui avait été produite. L'infirmière nous a donc proposé de mettre nos noms sur la liste d'attente, pour pouvoir avoir la chance (ben oui) de le recevoir si jamais il redevenait disponible avant notre départ.
J'ai probablement pas besoin de vous dire que j'espérais de tout coeur partir avant que la clinique nous rappelle avec cette si bonne nouvelle (ouais, mettons).

Mercredi passé (ou jeudi? Je ne me souviens plus...), je reçois le coup de téléphone tant redouté.
Bordel.
J'appelle Marie pour lui demander ce qu'elle voulait faire. Pour elle, la décision a été facile à prendre: si on a la chance d'avoir ces vaccins, il ne faut pas passer à côté. J'ai commencé à angoisser. Marilyn appelle à la clinique pour prendre un rendez-vous et me rappelle tout de suite après: les dates ne fonctionnaient pas pour moi. J'angoisse encore. Je lui dis que c'est pas grave, que je vais appeler quand je serai rendue à la job. Le bus arrive, je monte. J'angoisse de plus en plus. Je m'assoie, j'essaie de me calmer. Incapable. Je prends de profondes respirations. Ça empire.
J'angoisse, j'angoisse, j'angoisse, j'angoisse, j'angoisse, j'angoisse.
J'arrive à la job. Mon angoisse éclate, j'implose, je veux que ça arrête, je ne suis plus capable de respirer.
Ça a fini par passer... pour reprendre un peu plus tard.
J'ai tout de même téléphoné à la clinique: il n'y avait déjà plus de places. J'étais soulagée, mais ça m'a refait angoisser. Je me sentais idiote, peureuse, démoralisée, tout ce que vous voudrez.
J'ai beau ne plus être à l'école, j'ai l'impression d'être encore plus stressée que lorsque j'y étais. Il y a encore tellement de choses à organiser, de trucs à acheter, etc. Je ne sais plus où donner de la tête. C'est fou ce que ça peut gruger comme énergie, quand même. Ça me rend encore plus vulnérable que je ne l'étais déjà: les crises d'angoisse, déjà nombreuses, se multiplient, le stress s'intensifie, mon seuil de tolérance envers la bêtise humaine (j'entends par là les gens qui me prennent pour une épaisse) est en chute libre...
Suis-je en train de virer folle? Non, on ne peut devenir ce qu'on est déjà... lol
J'ai tout de même une belle consolation: dans 58 dodos, on décolle.
Dans 58 dodos, j'aurai enfin la preuve que l'angoisse accumulée au cours de ces huit mois de préparatifs n'aura pas été inutile.
Laura

2 commentaires:

Rachel a dit…

Conseil de Rachel qui supporte très mal le décalage horaire et qui est un peu pantouflarde: N'oubliez pas de réserver votre première nuit là-bas dans un hotel où vous pourrez vous reposer réellement et prendre une douche, même si c'est un peu plus cher ou un peu plus touristique. Ça vaut vraiment la peine pour partir du bon pied après plusieurs mois à stresser et plusieurs heures dans l'avion.

Myriam a dit…

Moi je vous suggère fortement de ne rien manger de ce qu'ils vendent sur les bateaux (en Thaïlande je crois), pcq ça a l'air qu'ils lavent leur vaisselle dans la rivière, et Dieu sait ce qu'il y a d'autre dans l'eau!
À part ça Lau, respire!